miércoles, 4 de mayo de 2011

[MexTlse] Fwd: Etat d'Urgence Nationale au Mexique - Manifestation samedi 7 mai au Capitol



Des grandes manifestations contre la violence auront lieu au Mexique du 5 au 8 mai, à l'appél du poète et écrivain Javier Sicilia, dont le fils a été torturé et assassiné. Ci-joint des extraits de la lettre ouverte adressée aux hommes politiques et criminels du Mexique.

Nous, le collectif Pour la Paix au Mexique, vous invitons à participer ce samedi 7 mai à Toulouse.

Le RDV est à 11h place du Capitole à Toulouse. Amenez des bougies et venez habillé d'une chemise ou veste blanche.

Voici l'invitation de Javier Sicilia en video :


________________________________________________


Nosotros, el colectivo Por la Paz en Mexico,  mexicanos de nacimiento y adopcion, te invitamos a participar este sabado 7 de mayo en la manifestacion de apoyo a la marcha Nacional convocada por Javier Sicilia.

La cita es a las 11 am en el Capitolio de Toulouse. Trae por favor una camisa blanca y veladoras.

"La violence n'est pas aveugle et aucune mort n'est anonyme"

_______________________________________________

Lettre ouverte aux hommes politiques et criminels  

Javier Sicilia

Cuernavaca, Morelos 3 avril 2011 – L'assassinat brutal de mon fils Juan Francisco, de Julio César Romero Jaime, de Luis Antonio Romero Jaime y de Gabriel Anejo Escalera, s'ajoute à ceux de tant d'autres jeunes hommes et femmes assassinés dans tout le pays, en long et en large, à cause, non seulement de la guerre déclarée par le gouvernement de Calderón contre le crime organisé, mais aussi en raison de la pourriture qui s'est emparée du cœur de la mal nommée classe politique et de la classe criminelle, qui à trahi ses codes d'honneur.

Je ne veux pas, dans cette lettre, vous parler des vertus de mon fils, qui étaient immenses, ni de celles des autres jeunes garçons que j'ai vu grandir à ses côtés, étudiant, jouant, aimant, grandissant, pour servir, comme tant d'autres, à ce pais que vous avez déchiré. Parler de ceci ne servirait qu'à émouvoir le cœur des citoyens déjà émus jusqu'à l'indignation. Je ne veux pas non plus parler de la douleur de ma famille et de celle de chacun des jeunes hommes détruits. Pour cette douleur il n'y a pas de mots – seule la poésie peut s'en approcher un peu mais vous ne connaissez rien à la poésie -. Ce que je veux vous dire aujourd'hui de ces vies mutilées, de cette douleur qui n'a pas de nom car elle n'est pas le fruit de la nature – la mort d'un enfant est toujours antinaturelle et pour cela elle n'a pas de nom : on n'est ni orphelin ni veuf, on n'est simplement et douloureusement rien -, depuis ses vies mutilées, je répète, depuis cette souffrance, depuis cette indignation que ces morts ont provoquées, c'est que nous avons atteint un putain de ras-le-bol.

Nous avons atteint un putain de ras-le-bol contre vous, hommes politiques – et lorsque j'emploi ce terme je ne parle pas d'un parmi vous en particulier, mais de la plupart d'entre vous, y compris tous ceux qui composent les partis -, car dans vos luttes de pouvoir vous avez déchiré le tissu de la nation, parce qu'au sein de cette guerre mal organisée, mal faite, mal dirigée, de cette guerre qui a mit le pays en état d'urgence, vous avez été incapables – par vos mesquineries, par vos antagonismes, vos misérables duperies, vos luttes pour le pouvoir – de créer les consensus dont la nation a besoin pour retrouver l'unité sans laquelle il ne s'en sortira jamais ; nous avons atteint un putain de ras-le-bol, parce que la corruption des institution judiciaires est à l'origine de la complicité avec le crime et de l'impunité lorsqu'on le commet ; parce qu'au sein de cette corruption qui démontre l'échec de l'État, chaque citoyen de ce pais a été réduit à ce que le philosophe Giorgio Agamben á nommé avec le mot grec zoe : la vie non protégé, la vie d'un animal, d'un être qui peut être violenté, kidnappé, outragé et assassiné impunément ; nous avons atteint un putain de ras-le-bol parce que vous n'avez d'imagination que pour la violence, les armes, pour l'insulte et avec cela un profond mépris pour l'éducation, la culture et les opportunités de travail honnête et bon qui est ce qui construit les vraies nations ; nous avons atteint un putain de ras-le-bol parce que ce manque d'imagination permet que nos jeunes, nos enfants, ne soient pas seulement assassinés mais aussi transformés en criminels et faussement inculpés pour satisfaire les envies de cette imaginations ; nous avons atteint un putain de ras-le-bol parce qu'une partie de nos enfants, faute d'un plan du gouvernement, n'ont aucune opportunité pour accéder à l'éducation, trouver un travail digne et poussés dans les périphérie urbaines son des recrues potentielles pour le crime organisée et la violence ; nous avons atteint un putain de ras-le-bol car à cause de tout cela les citoyens ont perdu confiance en leurs dirigeants, en leurs policiers, en leur armée et ont peur et souffrent ; nous avons atteint un putain de ras-le-bol parce que la seule chose qui vous importe, au-delà d'un pouvoir impuissant qui ne sert qu'à gérer la disgrâce, c'est l'argent, l'encouragement de la concurrence, de votre putain de « compétitivité » et de la consommation démesurée, qui sont d'autres façons de nommer la violence.

De vous, criminels, nous avons atteint un putain de ras-le-bol, de votre violence, de votre perte d'honneur, de votre cruauté, de vos non-sens. Auparavant vous aviez des codes d'honneur. Vous n'étiez pas si cruels dans vos règlements de comptes et ne touchiez pas aux citoyens ni à leurs familles. Aujourd'hui vous ne faite plus de distinction. Votre violence ne peut être nommée car la douleur et souffrance qu'elle provoque n'ont pas de nom ni de sens. Vous avez perdu jusqu'à la dignité de tuer. Vous êtes devenus des lâches comme les misérables Sonderkommandos nazis qui assassinaient sans aucun sens d'humanité femmes et enfants, hommes et vieillards, jeunes hommes et jeunes femmes, c'est- à-dire des innocents. Nous avons atteint un putain de ras-le-bol parce que votre violence est devenue infrahumaine, non pas animale – les animaux ne font pas ce que vous faite -, mais sous-humaines, démoniaque et stupide. Nous avons atteint un putain de ras-le-bol parce que dans votre soif de pouvoir et d'enrichissement vous humiliez nos enfants, les détruisez en provoquant peur et terreur.

Vous, "messieurs" politiciens et vous, "messieurs" criminels – je mets des guillemets car ce titre ne se donne qu'à des gens honorables -, vous êtes en train par vos omissions, vos disputes et vos actes d'avilir la nation. La mort de mon fils Juan Francisco a soulevé la solidarité et le cri d'indignation – que ma famille et moi remercions du fond de nos cœurs – de la citoyenneté et des médias. Cette indignation remet au goût du jour cette phrase si pertinente que Martí dirigea aux dirigeants : « Si vous ne pouvez pas, démissionnez ». En la remettant au goût du jour – après les milliers de cadavres anonymes et identifiés que nous portons sur nos épaules, c'est-à-dire, de tants d'innocents assassinés et bafoués -, cette phrase doit être accompagnée de grandes mobilisations citoyennes qui les obligeront, en ces moments d'urgence nationale, à s'unir pour créer un calendrier de la nation et créer une situation réellement gouvernable. Les réseaux citoyens de Morelos convoquent à une marche nationale le mercredi 6 avril qui partira à 5h00 de l'après-midi du Monument De la Colombe de la Paix pour arriver jusqu'au Palais du gouvernement, exigeant justice et paix. Si nous ne nous unissons pas à cette elle et ne la répétons pas de manière constante dans toutes les villes, dans toutes les municipalités ou quartiers du pais, si nous ne sommes pas capables de cela pour vous obliger, « messieurs » politiciens, à gouverner avec justice et dignité et à vous, « messieurs » criminels, à retourner à vos codes d'honneur et limiter votre sauvagerie, la spirale de violence que vous avez créée nous emmènera vers un chemin d'horreur sans retour. Si vous, « messieurs » politiciens, ne gouvernez pas comme il se doit et ne prenez pas au sérieux le fait que nous vivons une situation d'urgence nationale qui requière l'unité et vous, « messieurs » criminels, ne limitez pas vos actes, vous réussirez et obtiendrez le pouvoir, mais vous gouvernerez et règnerez sur un tas d'ossatures et d'êtres effrayés et détruits dans l'âme. Un rêve qu'aucun d'entre nous ne vous envie.

Il n'y a pas de vie, écrivait Albert Camus, sans persuasion et sans paix et l'histoire du Mexique d'aujourd'hui ne connait que l'intimidation, la souffrance, la méfiance et la peur qu'un jour ou l'autre un autre enfant d'une autre famille soit massacré, il ne connait que ce que vous nous demandez : que la mort devienne, comme il en est déjà le cas aujourd'hui, une affaire de statistiques et d'administration à laquelle nous devons tous nous habituer.

Parce que nous ne voulons pas cela, mercredi prochain nous sortirons dans la rue ; parce que nous ne voulons pas un seul enfant de plus assassiné, les réseaux citoyens de Morelos convoquent à une union nationale citoyenne que nous devons maintenir pour briser la peur et l'isolement que votre incapacité, « messieurs » politiques et votre cruauté, « messieurs » criminels, veulent introduire dans nos corps et âmes.

Je me souviens des vers de Bertolt Brecht lorsque l'horreur du nazisme, c'est-à-dire l'horreur de l'installation du crime dans la vie quotidienne d'une nation, s'annonçait : « Un jour ils sont venus chercher les noirs et je n'ai rien dis ; un autre jour ils sont venus chercher les juifs et je n'ai rien dis ; un autre jour ils sont venus me chercher (ou chercher un de mes enfants) et je n'ai rien eu à dire ». Aujourd'hui, après tant de crimes supportés, lorsque les corps détruits de mon fils et de ses amis ont déclenché de nouveau la mobilisation de la citoyenneté et des médias, nous devons parler avec nos corps, avec notre marche, avec notre cri d'indignation pour que les vers de Brecht ne deviennent pas une réalité dans notre pais.

Enfin, je pense qu'il faut rendre la dignité à cette nation.


_______________________________________________

"... Nosotros, la ciudadanía de Morelos, saldremos caminando de la Paloma de la Paz el 5 de mayo rumbo al sitio donde se asientan los poderes de la República. Invitamos a todos los ciudadanos de otros Estados de la República a que hagan lo mismo y juntos lleguemos al zócalo de la Ciudad de México..." 
Javier Sicilia

http://www.youtube.com/watch?v=FYpAFPW4uGA

Ni un muerto más
Estamos hasta la madre

Vinculos de la Red por la Paz y la Justicia :





Carta abierta en español :



__._,_.___


***********************************************************
Para tratar cualquier asunto relacionado con el grupo o con los mensajes de la lista puedes escribir un e-mail a mextlse@yahoo.fr

Página del grupo:  http://mextlse.free.fr








La configuración de tu correo: Mensajes individuales|Tradicional
Modificar la configuración mediante la Web (ID de Yahoo! obligatoria)
Modificar la configuración mediante el correo: Cambiar a resumen diario | Cambiar a Completo
Visita tu grupo | Condiciones de uso de Yahoo! Grupos | Cancelar suscripción

__,_._,___